Marilyn m'assassine - Lou Glamorgan
Résumé : Une blonde incendiaire. Un été caniculaire. L'étincelle dans la poudrière... Dans la France des Trente Glorieuses, les sœurs Berger tiennent un salon de coiffure glamour au bord de l’Atlantique. Annabelle idolâtre Marilyn Monroe dont elle se sent proche comme d’une âme sœur. Sexy et borderline, elle rêve d’Amérique, de gloire et de cinéma. Claire, son aînée, veille sur elle depuis la mort mystérieuse de leur mère. Mais ce dimanche 5 août 1962, tout bascule : à la radio, Annabelle apprend le suicide de la star et sa raison vacille. Possédée par la voix de Norma Jeane, jusqu’où entraînera-t-elle les habitants de son village dans sa folie meurtrière?
AUTO-ÉDITIONCOUP DE CŒUR THRILLER
Antiigone
4/2/20263 min read


Il y a des romans qui s’ouvrent comme une porte grinçante sur un passé trouble, et « Marilyn m’assassine » de Lou Glamorgan fait clairement partie de ceux-là.
Dans ce thriller psychologique aux accents presque cinématographiques (à juste titre, puisque l’on parle de L’illustre Marilyn Monroe !), l’autrice nous entraîne dans la France des Trente Glorieuses, dans un petit village battu par les vents de l’Atlantique où les apparences glamour cachent des failles bien plus profondes. J’ai découvert ce premier tome après avoir commencé la saga des Descendantes par le tome 2, centré sur David Bowie, et je peux te confirmer que cette lecture fonctionne parfaitement de manière indépendante.
L’histoire nous transporte dans un salon de coiffure élégant tenu par les sœurs Berger. Annabelle, blonde incendiaire au tempérament instable, nourrit une fascination presque mystique pour Marilyn Monroe. Elle voit en la star hollywoodienne une sorte d’âme sœur, une projection de ses rêves de gloire et d’Amérique. Mais lorsque la radio annonce, ce 5 août 1962, la mort de l’icône quelque chose se fissure dans l’esprit d’Annabelle. À partir de cet instant, la frontière entre admiration, obsession et folie devient dangereusement floue, entraînant avec elle tout un village dans une spirale sombre et imprévisible.
Pendant ma lecture, j’ai ressenti un mélange fascinant d’attirance et de malaise. L’atmosphère du roman est dense, presque étouffante, comme un été trop chaud où la tension s’accumule jusqu’à l’orage. Je me suis laissée emporter par cette intrigue noire qui remonte le fil des années de guerre, de l’après-guerre et des années 60. Les révélations se dévoilent peu à peu et j’ai souvent eu l’impression de soulever un pan de mémoire familiale chargé de secrets et de douleurs enfouies.
Les personnages participent énormément à cette intensité émotionnelle. Annabelle m’a profondément émue. Derrière son image flamboyante et son aura presque dangereuse, j’ai découvert une femme brisée, vulnérable et terriblement humaine. Sa descente dans la folie n’est jamais caricaturale : elle est tragique, lente, et parfois bouleversante. Face à elle, Claire joue un rôle d’ancrage, de protection, comme une grande sœur qui tente désespérément de retenir quelqu’un déjà happé par le vertige. Cette relation entre les deux sœurs donne au roman une dimension intime qui rend l’histoire encore plus poignante ! C’est aussi une bonne illustration de la manière dont la santé mentale est perçue et traitée à cette époque pas si lointaine de la nôtre…
L’intrigue elle-même est particulièrement bien construite. Le récit alterne entre présent et passé et dévoile progressivement les pièces d’un puzzle familial complexe. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice distille les indices, laissant planer des zones d’ombre qui alimentent le suspense. Il m’est arrivé, je l’avoue, de me perdre un peu dans ces allers-retours temporels ou dans les différents journaux et points de vue qui apparaissent au fil du récit. Pourtant, ce choix narratif contribue aussi à renforcer le mystère et à donner l’impression d’explorer une mémoire fragmentée. C’est le genre de roman que je devrais relire en connaissant le dénouement pour bien en saisir l’implication de certains détails distillés par l’auteure.
La plume de Lou Glamorgan est l’un des grands atouts du roman, selon moi. On sent derrière chaque scène un véritable travail de recherche et un souci du réalisme historique. Les codes vestimentaires, les musiques, les habitudes quotidiennes d’un petit village français ou encore l’ambiance des années 40 à 60 sont décrits avec une précision qui rend l’époque incroyablement vivante. Cette immersion m’a beaucoup plu : j’avais presque l’impression de sentir l’odeur de la laque dans le salon de coiffure et d’entendre les chansons qui passaient à la radio, sans oublier les traces de la guerre encore récentes laissées dans une mémoire encore à vif.
En refermant ce roman, j’ai eu le sentiment d’avoir plongé dans une histoire sombre, passionnée et profondément humaine. « Maryline m’assassine » est un thriller psychologique envoûtant qui mêle obsession, secrets de famille et portrait d’une époque fascinante. Malgré quelques moments où la chronologie m’a un peu déstabilisée, j’ai été happée par cette intrigue intense et par ces héroïnes imparfaites mais terriblement attachantes. Si tu aimes les atmosphères troubles, les drames familiaux et les récits où les fantômes du passé finissent toujours par resurgir, ce roman pourrait bien te captiver à ton tour.
Je tiens à remercier l'auteure pour m'avoir confié son roman en service de presse et pour cette belle histoire !



