Voilà les anges - Cali

Résumé : « Je vous aime. Je vais vous enlever, amour, et vous emmener loin d'ici. Là où le cynisme et la tromperie ne dresseront jamais leurs armées cruelles. Là où l'on ne vit que pour l'amour, là où l'on ne meurt que par amour. » C’est avec cette promesse que le narrateur séduit Sofia, dans ce roman qui se place d’emblée sous le signe de l’amour : amours enfuies, amours maudites, amours naissantes et renaissantes. Au gré des péripéties contées avec émotion et humour par un narrateur qui ressemble comme un double à Cali, on voyage entre Hydra et Montmartre, entre les quatre murs d’une cellule et un manège pour enfants, mais aussi entre enfer et rédemption, et toujours sous le soleil noir de la poésie la plus brûlante. En filigrane, la quête de réponses à ces questions : quel enfant suis-je ? Quel père pourrais-je être ? Roman de passion, Voilà les anges laisse ouverte l’espérance d’une vie meilleure, où les cœurs viennent à s’éprendre, comme pour la première et la dernière fois.

ROMAN CONTEMPORAINCOUP DE CŒUR

Antiigone

9/1/20265 min read

Visuel pour la chronique du roman de Cali, "Voilà les anges", par Wendy Baqué.
Visuel pour la chronique du roman de Cali, "Voilà les anges", par Wendy Baqué.

Il existe des livres qui racontent une histoire. Et puis, il y a ceux qui semblent murmurer directement à notre âme.

« Voilà les anges » fait partie de cette seconde catégorie. Entre ombre et lumière, douleur et espérance, Bruno Caliciuri, plus connu sous le nom de Cali, signe un roman profondément humain où la poésie éclaire les blessures les plus sombres. Si tu aimes les récits qui célèbrent l'amour sous toutes ses formes et qui laissent une empreinte durable, cette lecture pourrait bien te toucher autant qu'elle m'a touchée.

De quoi ça parle ?

Tout commence par une promesse d'amour, celle d'emmener Sofia loin d'un monde où règnent le mensonge et le cynisme. À travers ce fil conducteur, le narrateur nous entraîne dans un voyage aussi bien géographique qu'intérieur, entre Hydra, Montmartre, une cellule de prison ou encore un manège pour enfants. Au fil des rencontres, des souvenirs et des épreuves, il cherche à comprendre qui il est réellement, quel enfant il a été et quel père il pourrait devenir. Entre passions, pertes, renaissances et rencontres providentielles, le récit dessine peu à peu le portrait d'un homme en quête de rédemption.

Une relecture qui m'a bouleversée une nouvelle fois

Relire « Voilà les anges » m'a rappelé pourquoi ce roman occupe une place si particulière dans mon cœur. Les années passent, les lectures s'accumulent, mais certaines histoires conservent intact leur pouvoir d'émotion. Celle-ci en fait incontestablement partie !

Si j'ai eu envie de me replonger dans ce roman aujourd'hui, ce n'est pas un hasard. Au mois de juin, j'ai eu la chance de voir Cali en concert au festival Kampagn'Arts, à Saint-Paterne-Racan. Cali qui nage au-dessus du public, Cali qui hurle son amour à la foule. Cali qui sourit en nous chantant une chanson inédite de son prochain album… Dès les premières notes, je me suis transformée en adolescente de quinze ans que j’étais en découvrant ses chansons. Depuis cette époque, elles ne m'ont jamais quittée. Elles ont accompagné de nombreux moments de ma vie, bercé mes révoltes, nourri mon amour des mots et de la poésie. En refermant cette parenthèse musicale, une évidence s'est imposée à moi : il fallait que je retrouve aussi son univers littéraire !

Retrouver sa plume en tant qu'auteur est toujours un immense plaisir, tant elle possède cette identité si singulière qui me touche profondément. Cette relecture m'a même davantage émue que la première ! Peut-être parce que certaines phrases résonnent différemment avec le temps. Peut-être parce que je me suis davantage laissée porter par les émotions plutôt que par les événements eux-mêmes. Toujours est-il que j'ai retrouvé ces fameuses « larmes de beauté » que seuls quelques rares livres savent provoquer chez moi !

Des personnages qui deviennent nos propres anges

L'une des plus belles réussites du roman réside dans ses personnages. Chacun apparaît comme une rencontre décisive, parfois brève, parfois marquante, mais toujours porteuse de sens. Peu importe leur rôle dans le récit : ils semblent tous laisser une empreinte sur le narrateur, comme autant de mains tendues dans les moments où tout paraît perdu.

C'est d'ailleurs cette idée qui donne tout son sens au titre. Les anges ne sont pas forcément des êtres célestes. Ils prennent ici les traits de celles et ceux que la vie place sur notre chemin au moment où nous en avons le plus besoin. Cette vision profondément humaine de l'entraide et de l'amour m'a énormément touchée.

Bruno, le narrateur lui-même oscille sans cesse entre ses blessures, ses regrets, ses élans d'espoir et son besoin d'aimer. Cette fragilité le rend particulièrement attachant. On avance avec lui dans ses doutes comme dans ses renaissances, sans jamais avoir l'impression qu'il cherche à masquer ses failles.

Une intrigue entre réalité et imaginaire

Ce que j'apprécie particulièrement dans ce roman de Bruno Caliciuri, c'est cette frontière volontairement floue entre fiction et réalité. Lorsque l'on connaît un peu l'univers musical de Cali ou ses précédents livres, on reconnaît de nombreuses références à sa vie, à ses chansons ou à certains personnages déjà croisés auparavant. Clin d’œil à Alec, Roberta, Bruce, Tom et tous les autres… Sauras-tu tous les retrouver dans ses chansons, comme je me suis amusée à le faire ? Chansons qui, du fait, prennent une autre signification, une nouvelle profondeur...

Impossible pourtant de savoir où s'arrête Bruno et où commence réellement le personnage. Est-ce lui que l'on suit ? Est-ce une version romancée de lui-même ? Est-ce une pure invention ? Finalement, cette question perd rapidement de son importance tant le récit nous emporte.

Les lieux traversés, les rencontres improbables, les souvenirs qui ressurgissent et les chemins empruntés composent un véritable voyage initiatique où chaque étape semble répondre à une quête intérieure. L'histoire alterne constamment entre lumière et obscurité sans jamais perdre cette petite étincelle d'espérance qui pousse à continuer d'avancer. Il m’a redonné envie d’aimer, aimer l’amour comme Cali semble aimer la vie !

Une plume d'une beauté rare

S'il ne fallait retenir qu'une seule chose de « Voilà les anges », ce serait sans hésiter la plume de Bruno Caliciuri !

Elle possède cette musicalité propre aux auteurs qui sont aussi des artistes de scène. Chaque phrase semble avoir été pesée comme un vers de chanson. Les images sont puissantes, les émotions surgissent avec une incroyable délicatesse et les mots frappent juste sans jamais tomber dans l'excès.

J'ai retrouvé cette poésie qui caractérise déjà ses chansons, mais qui prend ici une ampleur encore différente. Les chapitres s'enchaînent comme autant de tableaux où la beauté côtoie la douleur, où l'amour répond à la perte, où l'espérance finit toujours par trouver une petite place malgré les épreuves.

Rarement un style m'aura autant donné l'impression de lire de la poésie sans jamais quitter le cadre du roman.

Alors, pourquoi lire « Voilà les anges » ?

« Voilà les anges » est bien plus qu'un roman sur l'amour. C'est une ode aux rencontres qui changent une vie, aux blessures qui nous construisent autant qu'elles nous détruisent, et à cette lumière fragile que l'on continue de chercher même lorsque tout semble perdu.

Cette relecture n'a fait que confirmer ce que je ressentais déjà lors de ma première découverte : ce livre demeure, à mes yeux, l'un des plus beaux qu'il m'ait été donné de lire. Bruno Caliciuri offre un texte d'une sensibilité rare, porté par une plume profondément poétique et une humanité bouleversante. Si tu apprécies les romans qui parlent autant au cœur qu'à l'âme, alors laisse-toi porter par « Voilà les anges ». Peut-être y trouveras-tu, toi aussi, quelques anges sur ton chemin.