Promesse d'une Aube - Véronique Ribera
Résumé : La Terre est au plus mal : faune et flore dilapidées, humains-objets complices d'un système économique qui les enferme et les condamne, la planète n'est plus capable d'encaisser les coups. Parce qu'ils savent la fin proche, les vingt-six familles les plus riches du monde se sont alliées pour survivre à la purge planétaire annoncée par des catastrophes naturelles répétées. Face à eux, les Éveilleurs, des humains à la spiritualité développée et aux capacités extra-ordinaires, refusent cet avenir mortifère. Entre les deux forces, Hilel, simple documentariste, se trouve entraîné malgré lui dans un affrontement qui verra l'avènement d'un monde nouveau. Sera-t-il meilleur ? Rien ne le laisse présager.
ROMAN CONTEMPORAINAUTO-ÉDITIONSCIENCE-FICTION
Antiigone
2/3/20263 min read


« Promesse d’une aube », de Véronique Ribera, est un roman dystopique de science-fiction publié aux éditions Ex-Aequo qui m’a happée dès les premières pages par la noirceur lucide de son propos et la profondeur de ses questionnements.
De quoi ça parle ? 🤔
La Terre semble vidée de ses ressources, épuisée par des décennies d’exploitation effrénée. Faune et flore ont été sacrifiées sur l’autel d’un système économique implacable. Conscientes que l’effondrement est désormais inévitable, les vingt-six familles les plus riches du monde se sont organisées pour survivre dans leurs dorures et sans manquer de rien, tandis que les catastrophes naturelles se multiplient. En parallèle, un autre groupe émerge : les Éveilleurs, des êtres dotés d’une spiritualité développée et de capacités extraordinaires, qui refusent ce futur mortifère et tentent d’ouvrir une autre voie. Entre ces deux forces irréconciliables, Hilel, simple documentariste, se retrouve entraîné malgré lui dans un conflit qui pourrait redessiner les contours du monde à venir.
Dès ma lecture entamée, j’ai ressenti une fascination teintée d’inquiétude. Ce roman m’a souvent glacée, non pas par des effets spectaculaires, mais par le réalisme troublant de ce futur possible. J’ai été frappée par la façon dont l’autrice exploite nos peurs contemporaines, comme l’effondrement écologique, l’hyper-capitalisme, la déshumanisation, pour en faire une matière romanesque crédible et percutante. Pourtant, malgré cette noirceur, j’ai aussi ressenti une forme d’espoir discret, presque fragile, qui affleure entre les lignes.
Les personnages participent largement à cette immersion. Hilel, en particulier, m’a semblé profondément humain dans ses doutes, ses hésitations et son regard de témoin plus que de héros. Son évolution se fait en douceur, au fil des révélations et des choix imposés, ce qui le rend d’autant plus attachant. Les Éveilleurs, quant à eux, incarnent une autre manière d’être au monde, moins matérielle, plus connectée à l’essentiel. J’ai apprécié que leur spiritualité ne soit jamais caricaturale, mais présentée comme une alternative crédible, exigeante et parfois inconfortable.
L’intrigue se construit avec une maîtrise certaine des codes de la science-fiction dystopique. Les enjeux sont clairs, les tensions bien dosées, et le récit avance sans temps mort tout en laissant au lectorat l’espace nécessaire pour réfléchir. Véronique Ribera parvient à maintenir un équilibre subtil entre action, réflexion et anticipation, sans jamais tout dévoiler trop vite. Le roman pose une question centrale : le monde nouveau sera-t-il meilleur ? Sans apporter de réponse simpliste, j’ai trouvé cela particulièrement pertinent !
La plume de l’autrice est fluide, visuelle et efficace. Découverte dans un style plus feel-good contemporain avec « Un bruissement d’elles au fil de l’eau », elle m’épate ici dans un tout autre style ! Elle sait créer des ambiances, installer un malaise diffus et donner corps à un univers cohérent. J’ai beaucoup aimé la place accordée à la spiritualité, rarement traitée avec autant de sérieux dans ce type de récit, et qui apporte ici une profondeur supplémentaire à l’ensemble. Loin d’être un simple décor, elle devient un véritable moteur narratif et philosophique.
À l’image de l’aube promise par le titre, le roman de Véronique Ribera n’offre aucune certitude rassurante. « Promesse d’une aube » m’a laissée face à un futur âpre, instable, où l’humanité semble arrivée à un point de non-retour et où chaque choix engage bien plus que des vies individuelles. Cette dystopie puissante, aussi passionnante que glaçante, questionne notre rapport au monde, à la nature et au sacré, tout en respectant avec intelligence les codes de la science-fiction.
Si tu apprécies les récits d’anticipation qui bousculent, dérangent et invitent à regarder notre présent sans détour, alors ce roman mérite d’être découvert… avant que la fiction ne rejoigne trop dangereusement la réalité !
Je tiens à remercier l'auteure pour l'envoi de son roman en service de presse et sa confiance.



