(Mal)Voyante- Fanny Campan
Résumé : J’ai trente ans, je fais le même métier que ma mère, mon amoureux m’a larguée et je deviens quasiment aveugle : bref, ma vie est un vaste chaos. Me voilà bonne pour consulter un psy en urgence ! Sauf que, pour couronner le tout, en pleine séance d’hypnothérapie, des souvenirs se réveillent et une vérité me heurte de plein fouet : j’ai été victime de violences sexuelles quand j’étais bébé. Mon monde s’écroule. Je veux obtenir réparation sauf que… impossible d’identifier clairement le coupable. Pire, il semblerait qu’ils soient plusieurs ! Mon passé, dans son ensemble, se révèle un tissu de mensonges. Et si la découverte de ce secret sordide marquait justement ma renaissance ? Rejoins ma quête de vérité dans ce premier roman basé sur une histoire vraie : la mienne.
AUTO-ÉDITIONROMAN CONTEMPORAINCOUP DE CŒUR
Antiigone
8/20/20263 min read


Fermer les yeux ne suffit pas toujours à faire disparaître les blessures. Certaines continuent de vivre en silence, jusqu'au jour où elles trouvent un autre moyen de se faire entendre...
Avec « (Mal)voyante », Fanny Campan nous entraîne au cœur d'un récit inspiré d'une histoire vraie bouleversant où la mémoire, le corps et les traumatismes enfouis se répondent dans une quête de vérité profondément humaine. Porté par une écriture singulière et des thèmes rarement explorés en littérature, ce roman m'a captivée du début à la fin.
À trente ans, la vie de la narratrice semble voler en éclats. Son compagnon la quitte, elle suit les traces professionnelles de sa mère et, surtout, elle souffre de plus en plus de son handicap visuel ! Lors d'une séance d'hypnothérapie, des souvenirs profondément enfouis remontent à la surface et révèlent un traumatisme insoupçonné : des violences sexuelles subies alors qu'elle n'était qu'un bébé.
Débute alors une quête de vérité pour comprendre son passé, identifier les responsables et tenter de reconstruire une existence bâtie sur des secrets.
Dès les premières pages, j'ai été passionnée par ce récit qui sort véritablement des sentiers battus. J'ai ressenti beaucoup d'émotion face au parcours de cette femme qui tente de donner un sens à ce que son corps exprime depuis des années. Le roman aborde avec beaucoup de justesse des thématiques rarement traitées en littérature, notamment la santé mentale dans certains pays d'Afrique, où consulter un·e psychologue ou entreprendre une thérapie demeure parfois un véritable tabou. J'ai également trouvé passionnante la manière dont Fanny Campan évoque la somatisation, ce phénomène par lequel une souffrance psychologique se manifeste par des symptômes physiques. Ici, la perte progressive de la vue devient le reflet d'un traumatisme enfoui que le corps exprime lorsque les mots ne suffisent plus. Malgré la violence des événements racontés, le récit porte un message profondément lumineux sur la résilience et sur la capacité à se reconstruire, même après l'impensable.
Les personnages participent pleinement à la force du roman. La narratrice se dévoile avec une sincérité désarmante, sans chercher à embellir son parcours ni à susciter la compassion. Son évolution est marquée par ses doutes, sa colère, ses espoirs et son besoin viscéral de comprendre ce qui lui est arrivé. Les personnes qui l'entourent trouvent elles aussi leur place dans cette quête de vérité, chacune apportant une pièce supplémentaire à un passé longtemps resté dans l'ombre. J'ai apprécié que les relations humaines soient présentées dans toute leur complexité, entre soutien, incompréhensions et silences.
L'intrigue m'a séduite par son originalité. Plus qu'une enquête sur un traumatisme ancien, « (Mal)voyante » nous entraîne dans une exploration de la mémoire, où les certitudes vacillent à mesure que les souvenirs émergent. La construction du récit est particulièrement réussie : les points de vue s'entremêlent, le regard extérieur se mêle à celui de la narratrice et l'ensemble donne parfois l'impression que l'histoire s'adresse directement à nous. Cette narration inhabituelle renforce l'immersion et traduit avec beaucoup de justesse la manière dont les souvenirs traumatiques peuvent revenir de façon fragmentée. J'ai trouvé cette approche particulièrement pertinente tant elle accompagne le lecteur ou la lectrice dans les méandres de la reconstruction.
La plume de Fanny Campan est, elle aussi, à l'image de son histoire : atypique, percutante et profondément incarnée. Son écriture donne l'impression qu'elle nous parle directement, qu'elle nous interpelle au détour d'une phrase pour nous inviter à réfléchir avec elle. Cette proximité crée une véritable connexion avec son récit et rend la lecture particulièrement vivante. Sans jamais tomber dans le pathos, elle parvient à transmettre toute la violence de ce qu'elle a traversé tout en laissant une place essentielle à l'espoir. Son style, à la fois spontané et sincère, m'a totalement embarquée.
« (Mal)voyante » est un roman profondément humain qui ose aborder des sujets encore trop peu représentés dans la littérature. Entre violences faites aux enfants, santé mentale, somatisation, reconstruction et résilience, Fanny Campan livre un témoignage romancé aussi bouleversant qu'inspirant. J'ai refermé cette lecture avec le sentiment d'avoir découvert une œuvre singulière, qui pousse à réfléchir autant qu'elle émeut. Si tu apprécies les récits de vie forts, les romans qui explorent les blessures invisibles et les chemins de la reconstruction, je ne peux que te conseiller de découvrir cette histoire hors du commun.
Je remercie Fanny Campan pour sa confiance et pour l’envoi de son roman en service de presse.



