La maison des vies non vécues - Colin Noverraz
Résumé : À la mort de sa mère, Simon Valère revient dans la maison familiale pour la vider avant sa vente. Mais la maison n’attend pas seulement d’être triée : elle semble retenir en elle des gestes interrompus, des silences anciens, et tout ce qu’une vie laisse derrière elle sans l’avoir vraiment compris. Lorsqu’une chatte noire nommée Bastet apparaît sur le muret du jardin et s’endort contre lui, Simon bascule, nuit après nuit, dans d’autres versions de son existence : une vie où il a répondu à temps, aimé autrement, osé partir, écrit enfin. Aucune n’est parfaite, mais toutes lui révèlent la même chose : ce n’est pas le passé qui le hante, c’est ce qu’il diffère encore. Roman initiatique, sensible et troublant, La Maison des vies non vécues explore le deuil, la mémoire, les choix manqués et le moment où il faut cesser de vivre depuis le seuil pour habiter enfin sa propre vie.
ROMAN CONTEMPORAIN
Antiigone
7/30/20263 min read


Et si vous pouviez rencontrer toutes les versions de vous-même que vous n’avez jamais osé devenir ? Celle qui a pris un autre chemin, celle qui a répondu à temps, celle qui a aimé autrement, celle qui a enfin réalisé ses rêves… Mais découvrir ces vies possibles permettrait-il vraiment de réparer le passé ?
C’est toute la question bouleversante que pose Colin Noverraz dans « La Maison des vies non vécues », publié aux éditions L’Harmattan. À travers un roman initiatique, sensible et teinté de fantastique, l’auteur explore avec finesse les regrets, les choix de vie et ces occasions que l’on laisse parfois filer par peur de se tromper.
J’ai refermé ce livre avec le sentiment d’avoir voyagé bien plus loin qu’à travers les pages d’un roman. Car derrière l’histoire de Simon Valère et de ses vies alternatives se cache une réflexion profondément universelle : celle de notre propre rapport aux décisions que nous prenons, aux chemins que nous abandonnons et à la vie que nous choisissons d’habiter.
Je remercie chaleureusement Colin Noverraz pour l’envoi de ce roman en service de presse. Cette lecture m’a particulièrement touchée par sa capacité à mettre des mots sur des émotions que nous connaissons tous : les regrets, les remords, les « et si ? » qui surgissent parfois lorsque l’on repense aux choix que l’on aurait pu faire autrement.
Dans « La Maison des vies non vécues », nous suivons Simon Valère, relecteur, correcteur dans une maison d’édition pas top, écrivain rêveur à ses heures perdues, qui, après la mort de sa mère, retourne dans la maison familiale afin de la vider avant sa vente. Mais cette maison est bien plus qu’un simple lieu rempli de souvenirs ! Elle semble garder en elle les traces d’une existence entière : les gestes interrompus, les silences accumulés, les rêves mis de côté et tout ce que l’on laisse derrière soi sans toujours en mesurer l’importance.
C’est dans cette atmosphère particulière qu’apparaît Bastet, une chatte noire qui va bouleverser le quotidien de Simon. Nuit après nuit, cette rencontre mystérieuse l’entraîne dans différentes versions de sa vie : des existences où il aurait fait d’autres choix, osé davantage, aimé différemment, répondu à certaines occasions ou encore donné une place à des rêves longtemps repoussés.
À travers ces vies possibles, Colin Noverraz propose une réflexion fascinante sur le poids des décisions et sur cette peur universelle de choisir la mauvaise direction. Combien de fois hésitons-nous devant une porte à ouvrir, par crainte de perdre les autres possibilités qui se trouvent derrière nous ? Pourtant, chaque choix nous transforme et chaque chemin emprunté ouvre aussi de nouvelles perspectives.
Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, c’est que l’auteur ne présente jamais les vies alternatives de Simon comme des versions idéales de son existence. Elles ne sont pas parfaites. Elles comportent elles aussi leurs blessures, leurs difficultés et leurs désillusions. Elles lui révèlent surtout une vérité essentielle : le bonheur ne se trouve pas forcément dans la vie que l’on aurait pu avoir, mais dans celle que l’on décide enfin de vivre pleinement.
La touche fantastique apporte une dimension très intéressante au récit. Je t’avoue, j’ai eu un peu peur : est-ce que cela allait être introduit comme quelque chose de tellement normal qui n’étonne Simon que trois phrases, comme je le vois dans tant de livres qui introduisent un zeste d’irréel ? Non. Il est aussi interloqué que nous si cela nous arrivait et cherche des réponses rationnelles. Ouf, mon esprit cartésien est sain et sauf ! Cela permet même à Simon d’observer son parcours avec un regard nouveau et devient un véritable chemin d’introspection. Derrière cette expérience extraordinaire se cache finalement une question simple, mais vertigineuse : qu’allons-nous faire de la vie qui est encore devant nous ?
Avec une écriture délicate et une ambiance presque hors du temps, Colin Noverraz signe un roman initiatique sur le deuil, la mémoire, les regrets et la capacité à se réinventer. « La Maison des vies non vécues » est une invitation à accepter les chemins que nous n’avons pas pris, tout en ayant le courage d’avancer vers ceux qui nous attendent encore. Une lecture profondément humaine et troublante, qui pousse à regarder sa propre existence avec davantage de bienveillance et qui continue de résonner longtemps après avoir refermé le livre.



