J'ai vécu seul(e) - Camille Roure
Résumé : Claire pensait avoir trouvé sa place. Entre les vignes, les pierres blondes du domaine et les habitudes soigneusement construites au fil des années, sa vie suivait un chemin tranquille, presque immuable. Depuis toujours, elle avance seule, portée par le travail, les souvenirs et les silences de cette propriété qui l’a vue grandir. Puis Jordan est arrivé. Un homme discret, persuadé que certaines vies ne sont pas faites pour être heureuses. Ce qui devait n’être qu’une rencontre va peu à peu bouleverser leurs existences. Car certains êtres ont le pouvoir de réveiller ce que l’on croyait éteint : le désir, la confiance, l’envie d’espérer encore. À leur contact, les certitudes vacillent, les blessures se dévoilent et les remparts patiemment dressés finissent par se fissurer. Mais l’amour suffit-il lorsque le temps commence à manquer ? Une histoire d’amour, de résilience et d’espoir. Le récit de deux êtres qui découvrent que certaines rencontres ne changent pas seulement une vie, elles lui donnent un sens.
EDITIONS EX AEQUOROMANCE
Antiigone
10/1/20265 min read


Certaines vies semblent parfaitement rangées, comme ces vieilles pierres qui ne bougent pas malgré les saisons qui passent. On s’installe dans ses habitudes, on apprivoise la solitude, on apprend à vivre avec ses blessures et l’on finit parfois par croire que l’avenir ne réserve plus vraiment de surprises. Jusqu’au jour où quelqu’un entre dans notre existence et fait vaciller tout ce que l’on pensait immuable. Avec « J’ai vécu seul(e) », Camille Roure nous entraîne au cœur d’une histoire d’amour où les sentiments se mêlent aux blessures, à la maladie, au temps qui passe et à cette question essentielle : que sommes-nous prêts à vivre lorsque nous prenons conscience que le temps nous est compté ?
Publié aux éditions Ex Aequo, cette romance contemporaine m’a offert un très bon moment de lecture. J’ai aimé sa douceur, mais aussi sa profondeur et, surtout, cette façon de proposer une romance qui sort des sentiers battus.
Claire a construit son existence autour du domaine viticole qui l’a vue grandir. Entre les vignes, les pierres blondes et les habitudes qu’elle a patiemment façonnées, elle semble avoir trouvé un équilibre. Une vie tranquille, solitaire, peut-être même un peu figée dans le temps.
Puis Jordan arrive. Discret, marqué lui aussi par son histoire, il semble convaincu que certaines personnes ne sont tout simplement pas destinées au bonheur.
Rien ne devait forcément les conduire l’un vers l’autre. Pourtant, leur rencontre va progressivement bouleverser leurs certitudes. À mesure que les deux personnages se découvrent, les défenses tombent, les blessures apparaissent et quelque chose qu’ils pensaient peut-être avoir perdu à jamais refait surface : l’envie d’aimer, de faire confiance et surtout d’espérer !
J’ai particulièrement apprécié que l’auteur choisisse de mettre en scène des personnages adultes. C’est suffisamment rare dans la romance pour que je le souligne ! Ici, je n’ai pas retrouvé les éternels jeunes étudiants ou les héros et héroïnes tellement parfaits qu’ils en deviennent difficiles à croire ! Claire et Jordan ont vécu. Ils ont un passé, des fragilités, des doutes et des cicatrices. Ils ne sont pas idéalisés et c’est précisément ce qui m’a permis de me sentir proche d’eux.
Je me suis facilement identifiée à ces personnages qui ressemblent davantage aux personnes que l’on peut réellement rencontrer qu’aux archétypes parfois très lisses de la romance. Leur relation m’a d’autant plus touchée qu’elle se construit avec une certaine maturité. Ils doivent apprendre à se connaître, à se dévoiler et à accepter de laisser une autre personne entrer dans un espace qu’ils avaient soigneusement protégé.
Le cadre du roman constitue également une très belle surprise. J’ai beaucoup aimé découvrir cet univers viticole français qui donne au récit une atmosphère particulière. Les vignes, les pierres blondes du domaine et cette ambiance qui sent bon la Provence apportent une véritable identité à l’histoire. J’ai apprécié cette impression de chaleur et d’authenticité qui accompagne les personnages tout au long de leur parcours.
Et derrière cette romance se cachent des thématiques beaucoup plus profondes. Camille Roure aborde notamment la maladie, la fin de vie et l’univers carcéral avec une grande justesse. Ces sujets auraient pu alourdir considérablement le récit, mais ils viennent ici donner davantage de profondeur à l’histoire d’amour.
La question du temps prend alors une place particulière. Que devient l’amour lorsque l’on sait que les jours ne sont pas infinis ? Comment continuer à construire quelque chose lorsque la peur de perdre l’autre s’installe ? Et surtout, comment réussir à profiter pleinement de ce qui nous est offert lorsque la vie nous rappelle brutalement sa fragilité ? C’est cette dimension qui m’a le plus intéressée dans le roman. Cette romance ne raconte pas simplement la naissance d’une relation amoureuse. Il parle aussi de la capacité à se relever, à accepter ses blessures et à retrouver une envie de vivre lorsque l’on pensait avoir renoncé à certaines choses !
La relation entre Claire et Jordan comporte également une dimension sensuelle que j’ai trouvée bien dosée. Les scènes hot restent légères et agréables à lire, sans jamais tomber dans l’obscène. J’ai surtout apprécié qu’elles aient une véritable utilité dans le récit. Elles permettent de comprendre l’évolution de leur relation, leur rapprochement et l’intimité qui se crée progressivement entre eux. Elles ne sont donc pas là uniquement pour répondre aux codes de la romance, mais participent réellement à la construction du couple.
La plume de Camille Roure m’a beaucoup plu. Elle est fluide, sensible et agréable, tout en laissant suffisamment de place aux émotions. L’auteur parvient à faire cohabiter les moments de douceur et les passages plus difficiles sans que l’ensemble perde son équilibre. J’ai aimé cette écriture qui accompagne les personnages dans leurs failles sans jamais les juger. Surtout, j’ai apprécié que l’émotion naisse de personnages imparfaits et de situations profondément humaines. Je n’ai pas eu besoin qu’ils soient extraordinaires pour m’attacher à eux. Leurs fragilités, leurs peurs et leurs blessures suffisent à les rendre touchants.
Avec « J’ai vécu seul(e) », Camille Roure m’a donc proposé bien plus qu’une romance contemporaine ! J’y ai trouvé une histoire d’amour adulte, sensible et profondément humaine, portée par deux personnages auxquels j’ai facilement pu m’identifier. J’ai aimé le cadre original de ce domaine viticole aux accents provençaux, la justesse des thématiques abordées et cette réflexion sur le temps, la maladie, la fin de vie et la possibilité de retrouver un sens à son existence. Parce que certaines rencontres arrivent peut-être précisément au moment où l’on ne les attend plus. Parce qu’aimer ne permet pas toujours de vaincre la maladie, le passé ou le temps qui passe, mais peut changer la manière dont on les affronte. Et parce qu’une vie ne se mesure pas uniquement au nombre de jours qu’elle contient, mais aussi à ce que l’on choisit d’en faire.
C’est finalement ce que je retiens de cette belle lecture : il n’est jamais inutile d’ouvrir une porte, de faire confiance ou de laisser quelqu’un réveiller une part de nous que l’on croyait définitivement endormie. Si tu recherches une romance contemporaine avec des personnages adultes, une histoire d’amour touchante et des thématiques fortes autour de la résilience, de la maladie et du temps qui nous est offert, je te conseille de pousser, toi aussi, la porte de ce domaine viticole et de partir à la rencontre de Claire et Jordan.
Je tiens à remercier la maison d'édition Ex Aequo pour ce service de presse dans le cadre de notre partenariat !



