Dans la peau d'un Buster Keaton - Stéphane Botti

Résumé : Hector Follet est atteint de timidité chronique. Il manque à ce point de confiance en lui qu’il en devient muet et maladroit avec les filles. Mais sa gaucherie fait rire Solène qu’il rencontre le jour de ses 18 ans. Hector veut voir dans ce cadeau d’anniversaire inattendu un coup de pouce du destin. Pourtant cela lui semble impensable que la jeune femme puisse s’intéresser à lui. Désespéré à l’idée de passer à côté de l’amour, il relève le défi proposé par la fille de ses rêves. Afin de l’éblouir et de la séduire, il va tenter de devenir un véritable sosie de l’acteur Buster Keaton. Il part alors en quête de lui-même et se découvre un talent insoupçonné pour la scène.

ROMAN CONTEMPORAINHUMOUR

Antiigone

1/15/20264 min read

"Dans la peau de Buster Keaton", le nouveau roman de  Stéphane Botti.
"Dans la peau de Buster Keaton", le nouveau roman de  Stéphane Botti.

Il y a des romans qui font sourire, d’autres qui touchent en plein cœur, et puis il y a ceux qui réussissent les deux avec une élégance désarmante. « Dans la peau d’un Buster Keaton » fait partie de ces lectures inattendues qui parlent de fragilité sans jamais la juger, d’amour sans mièvrerie et d’art comme refuge salvateur.

Entre comédie sentimentale et hommage au cinéma burlesque, ce livre m’a embarquée dans une parenthèse douce et inspirante, et j’ai très envie de t’en parler.

J’ai découvert ce superbe roman de Stéphane Botti grâce à un service de presse, et je le referme avec un sourire tendre et persistant. L’auteur nous entraîne dans une comédie sentimentale pleine de fantaisie, où l’art, l’amour et la quête de soi s’entrelacent avec une grande douceur.

Dès les premières pages, j’ai été touchée par l’angle choisi : celui d’un héros fragile, loin des archétypes habituels, qui avance dans la vie sans jamais renier ce qu’il est. Entre grands timides, on s’est tout de suite compris ! 😉

Hector Follet est un jeune homme d’une timidité presque paralysante. À dix-huit ans, il peine à trouver sa place, à parler aux filles, à croire en lui. Sa rencontre avec Solène marque un tournant inattendu. Là où lui ne voit que ses maladresses, elle perçoit une poésie involontaire, un potentiel comique qui la fait rire et l’émeut. Pour tenter de la séduire, Hector accepte un défi un peu fou : devenir le sosie de Buster Keaton. Ce pari devient alors bien plus qu’un simple jeu de séduction, puisqu’il l’entraîne sur le chemin d’une découverte intime et artistique.

Ce qui m’a profondément plu dans ce roman, c’est la manière dont la timidité est traitée. Elle n’est jamais diabolisée ni présentée comme un défaut à corriger à tout prix. Hector ne cherche pas à se transformer en quelqu’un d’autre (même s’il doit en passer par là dans sa réflexion, ce choix est vite abandonné !) pour correspondre aux attentes du monde. Au contraire, il apprend peu à peu à composer avec ce trait de caractère, à l’apprivoiser et à en faire une force. J’ai trouvé ce message à la fois juste, bienveillant et nécessaire, surtout dans une société qui valorise souvent l’assurance et l’extraversion comme des normes absolues.

Les personnages sont attachant·e·s et évoluent avec une sincérité qui m’a semblé très humaine. Hector est un protagoniste touchant, parfois maladroit, souvent drôle malgré lui, et profondément émouvant dans ses doutes. Solène, quant à elle, n’est pas réduite à un simple rôle de muse ou d’objectif amoureux. Elle apporte un regard neuf, encourageant, tout en restant libre et singulière. Leur relation se construit avec délicatesse, sans artifices, et j’ai apprécié que l’auteur prenne le temps de laisser respirer leurs émotions.

L’intrigue avance sur un fil léger, sans jamais chercher l’effet spectaculaire. Elle se concentre davantage sur le chemin intérieur d’Hector que sur les rebondissements. La transformation qu’il opère n’est pas une métamorphose brutale, mais une série de petits pas, de prises de conscience, de tentatives parfois bancales. Cette progression m’a semblé crédible et touchante, et elle donne au roman un charme particulier.

La plume de Stéphane Botti est fluide, imagée et pleine de tendresse. Il parvient à retranscrire avec beaucoup de justesse l’univers du burlesque et l’amour du cinéma muet, tout en restant accessible à celles et ceux qui, comme moi, ne sont pas des spécialistes du genre. L’humour affleure souvent, mais il laisse aussi place à une vraie mélancolie, jamais pesante, toujours équilibrée.

Ce roman a également éveillé ma curiosité pour Buster Keaton, figure centrale du récit. Acteur, réalisateur et cascadeur du cinéma muet, Buster Keaton est l’un des plus grands noms du burlesque, aux côtés de Charlie Chaplin et Harold Lloyd. Surnommé « l’homme qui ne rit jamais » en raison de son visage impassible à l’écran, il a marqué l’histoire du cinéma par son sens du gag visuel, sa précision millimétrée et son audace technique. Ses films, comme « Sherlock Junior », « Le Mécano de la General » ou « La Maison démontable », sont aujourd’hui considérés comme des chefs-d’œuvre, tant pour leur inventivité que pour leur modernité. À travers son roman, Stéphane Botti rend un hommage sincère à cet artiste, tout en montrant à quel point l’art peut être un refuge, un révélateur et un formidable outil de résilience.

Pour conclure, j’ai eu le sentiment d’avoir lu une histoire douce et lumineuse, qui fait du bien sans jamais être naïve. « Dans la peau d’un Buster Keaton » est un roman qui parle d’amour, d’acceptation de soi et de création, avec une sensibilité rare. Si tu aimes les récits initiatiques, les hommages au cinéma et les personnages profondément humains, je ne peux que te conseiller de te laisser tenter par cette lecture pleine de charme.

Je tiens à remercier l’auteur et la maison d’édition La Trace pour leur envoi et leur confiance.