B ! t e s - Karine Degunst
Résumé : Marie a trois ans, elle aime ses parents, son petit-frère, ses peluches et la maîtresse qui la félicite puisqu’elle sait compter jusqu’à quatre. Marie n’aime pas tonton, tonton rentre dans sa chambre et lui demande des bisous. Des bisous, là, en bas. Alors Marie prie pour que tous les pénis du monde disparaissent. Tous, ça veut dire quatre. Exaucé. De l’autre côté de l’Atlantique, le président qui manie le mensonge et les tweets absurdes hurle en cachant son entrejambe vide. Il ne pourra pas violer Muneera. Elle pourra se venger, toutes les venger. Et mettre le bordel dans un pays abasourdi et inerte depuis les élections. Sur le tournage d’un film, l’acteur en costume moyenâgeux, adore mettre la langue dans la bouche de sa partenaire. Il reste sans voix quand son phallus disparaît et regrette de toute son âme le monde d’avant. D’autant qu’il se pourrait bien que sa partenaire réécrive le scénario. Julien, lui, sombre carrément dans le coma. Sophie, qui adore les énigmes et déteste Freud, va prendre les choses en main. Dans un espace-temps vaporeux, le masculiniste va revisiter ses certitudes, ses influences et son histoire d’amour. Et puis, Marie fera encore plein d’autres vœux…
EDITIONS EX AEQUOSOCIÉTÉCOUP DE CŒUR
Antiigone
5/14/20263 min read


Je t’emmène aujourd’hui dans un roman qui ne fait pas dans la demi-mesure : « B ! t e s » de Karine Degunst, publié aux éditions Ex Aequo.
Clairement, ici, on oublie la subtilité du « petit bouleversement tranquillou bilou » : on est sur un grand coup de pied dans la fourmilière… ou plutôt une disparition massive qui risque de faire grincer quelques dents (et pas que) ! Le concept est aussi osé qu’irrésistible : imagine, t’es un mec, tu te réveilles un matin ou tu vas pisser… et hop, plus rien là où, d’habitudes, tu frétilles. Oui, rien. Ambiance… 😏
Tout commence avec Marie, trois ans, un âge où l’on devrait seulement s’inquiéter de savoir si on aura un dessert ou si sa licorne en peluche l’aime. Mais Marie, elle, porte déjà une peur bien trop grande pour elle.
Alors, avec la logique implacable de l’enfance, elle formule un vœu radical : faire disparaître tous les pén!s du monde.
« Tous », pour elle, ça veut dire quatre… mais visiblement, l’univers a décidé d’élargir un peu le champ d’action. Résultat : panique générale côté masculin !
Ce point de départ donne lieu à une galerie de personnages aussi fascinants que grinçants. Entre un président incapable de tweeter sans hurler (et désormais très préoccupé par son entrejambe fantôme), un acteur qui découvre que jouer les séducteurs sans « accessoire » devient tout de suite plus compliqué, un tonton qui aime un peu trop Marie (pas parce qu’elle a une licorne en peluche trop cool, malheureusement) ou encore un homme en pleine crise existentielle et manque de virilité (version coma + introspection forcée), j’ai oscillé entre éclats de rire et haussements de sourcils. Parce que oui, c’est drôle, grotesque… mais ce rire a souvent un petit goût acide !
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Karine Degunst joue avec la caricature sans jamais tomber dans le cliché paresseux. Ces hommes, on les reconnaît. Peut-être pas exactement comme ça (quoique…), mais ils ont ce petit quelque chose de familier. Et c’est là que le roman devient encore plus percutant : derrière l’absurde, il y a du vrai, beaucoup de vrai. Un peu comme quand tu ris à une blague… avant de te dire « ah, c’est gênant, en fait ». 😅
Côté émotions, je suis passée par tout un tas d’états : surprise, amusement, indignation, et même une forme de satisfaction coupable (oui, je l’avoue). Le roman réussit ce tour de force de faire rire tout en pointant des réalités profondément dérangeantes. Et ce mélange fonctionne à merveille.
L’intrigue, construite en plusieurs fils narratifs, donne une impression de chaos maîtrisé, à l’image du monde qu’elle décrit. Chaque histoire apporte un éclairage différent, et j’ai pris beaucoup de plaisir à voir comment tout se répond, se complète, et parfois se percute. Sans jamais tout dévoiler, l’autrice nous pousse à réfléchir : que reste-t-il quand certains symboles de pouvoir disparaissent ? Et surtout… qu’est-ce que ça change vraiment ?
Quant à la plume, elle est vive, piquante, et délicieusement ironique. Karine Degunst sait manier l’humour avec précision, sans jamais édulcorer son propos. Derrière les situations parfois absurdes, on sent un vrai travail de fond, une réflexion construite, presque chirurgicale (et vu le sujet, le mot est plutôt bien choisi).
Ce roman m’a séduite par son audace et son intelligence. Il dérange, il amuse, il questionne et parfois tout en même temps. Si tu as envie d’une lecture qui sort clairement des sentiers battus, qui te fait sourire tout en te donnant matière à réflexion, alors « B ! t e s » est une expérience à tenter. Et crois-moi, après ça, tu ne regarderas plus certains débats… ni certains personnages… tout à fait de la même façon !
Je tiens à remercier la maison d'édition Ex Aequo pour ce service de presse dans le cadre de notre partenariat !



